Si le terme « Chandeleur » renvoie aux chandelles bénies offertes en honneur à la Vierge pour commémorer la présentation au Temple de l’enfant Jésus et la purification de Marie, cette fête qui a lieu le 2 février tire son origine de plus anciennes festivités et de rituels païens oubliés.

Les Romains, à cette époque, fêtaient les Lupercales dédiées au dieu de la fécondité, et les Celtes rendaient un culte à la déesse mère Brigit, symbole de fertilité. D’autres peuples, notamment les Germains et les scandinaves, se réjouissaient de la fin de l’hivernation de l’ours et montaient de nombreux feux de joie. Ces différentes manifestations avaient toutes le même point commun de célébrer l’arrivée de jours meilleurs et le retour de la lumière.

C’est pourquoi d’ailleurs à la Chandeleur, la coutume est venue de manger des crêpes, qui par leur forme ronde et dorée, rappellent le soleil et sa victoire sur la nuit hivernale. A cette tradition populaire s’en sont ajoutées beaucoup d’autres, comme celle qui consiste à faire sauter la crêpe de la main droite en tenant une pièce d’or afin de s’assurer prospérité toute l’année. Dans d’autres régions, la crêpe est lancée au-dessus d’une armoire pour garantir une récolte abondante. Ces petits rituels se sont perpétrés à travers les siècles.

Entre traditions et superstitions, la fête de la Chandeleur a suscité de nombreuses croyances, comme la connexion souvent faite entre le temps fait à cette date-là et la fin plus ou moins proche de l’hiver : le soleil est toujours signe d’un hiver long et résistant. Dans le langage populaire, de nombreux dictons ont participé à véhiculer cette conviction, comme « À la Chandeleur, l’hiver s’apaise ou prend rigueur » ou « le jour de la Chandeleur, l’ours rit ou pleure ». L’image de l’ours régulièrement associée à cette célébration du 2 février, et animal carnavalesque par excellence, montre l’entrée dans une ère nouvelle, celle de la fécondité et de la lumière. Elle est un premier pas vers le carnaval et le Mardi gras.

Le Mardi gras, elle, fête païenne romaine qui fut plus tard christianisée, marque l'entrée en Carême, période de jeûne et de prière de 40 jours avant Pâques. Cette fête, qui a tous les ans une date différente (cette année elle a lieu le 9 février), est donc fixée par rapport à la date de Pâques, qui elle-même varie en fonction du cycle de la Lune. Si on parle de Mardi « gras » c’est pour faire référence aux aliments riches, dont on se prive pendant le Carême : le Mardi gras est le dernier des jours gras, celui qui est fêté avec le plus d'éclat, celui pendant lequel il est bon de se défouler !

 

crêpes

 

En février avec la Chandeleur, la période de Carnaval et Mardi gras, le temps est venu de faire sauter des crêpes et des galettes !

Article écrit par Isabelle Escande, plume gourmande